19 février 2008

Histoire récente de Valergues pour éclairer l’avenir (1)

1e75efaa950cac147c4abec8277ed36f.jpgValergues il y a un peu moins de trente ans, était un village encore très marqué par son passé agricole et viticole. Une population rurale composée essentiellement de viticulteurs, agriculteurs, propriétaires et d’ouvriers agricoles, aussi des petits entrepreneurs et quelques citadins en provenance de différentes régions qui avaient posé là leurs valises. A peine une dizaine de familles « Les étrangers » comme on disait. Ils avaient les uns et les autres choisi Valergues pour diverses raisons.

L’école comptait à peine une cinquantaine d’enfants. Au début des années 80, les parents commençaient à poser quelques questions quant aux moyens alloués à l’école mais surtout celle de la création d’une cantine scolaire. En effet, les nouveaux arrivants au village travaillaient à l’extérieur de Valergues et se posait désormais ce besoin nouveau. Ce fut une période très épique et le sujet suscita dans le village de vives polémiques. Pourtant, l’avenir devait donner raison à ces parents, le besoin devenant de plus en plus criant. Après de nombreuses actions et pétitions, les élus acceptèrent l’idée d’étudier la mise en place d’un restaurant scolaire. La maire d’alors était Maurice Munsch, il avait succédé à Alfred Rivière en 1977. Retraité Ingénieur du pétrole, il était originaire d’Alsace. Maurice Munsch, n’était pas un Maire très souple, et il dirigeait la commune d’une main de fer. Pourtant l’homme était sensible mais n’aimait pas qu’on lui tienne tête ou que l’on contrarie ses plans. Au sujet de l’école les parents d’élèves ont eu très vite des relations plutôt conflictuelles.

Le deuxième mandat de Maurice Munsch (1983 – 1989) fut marqué par plusieurs événements : la décision de créer une zone artisanale en bordure de la nationale 113, qui devint plus tard la zone d’aménagement économique Les Jasses dont nous allons parler un peu plus loin, puis la création de la Zone d’Améngement Concerté « Le Château ». La division au sein de l’équipe municipale à quelques mois des municipales de 1989 fut aussi un événement marquqnt. Le premier adjoint d’alors soutenu de l’extérieur par Jean Rieusset mis avec le reste de l’équipe municipale Maurice Munsch en minorité. Jean Rieusset devint alors tête de liste et gagna les municipales de 1989. Les raisons de cette cabale restent encore assez mystérieuses . Concernant la ZAC des vignes du Château, ce fut là le vrai tournant de Valergues. Le village qui ne comptait que 600 habitants en 1980 allait très vite passer en peu de temps à 1000 habitants avec la ZAC. En effet, la commune avait autorisé un promoteur (Malaval) à commercialiser 135 lots, soit un apport très important de population. La commune ne disposant pas de réseau de tout à l’égout ce fut l’occasion à partir de cette ZAC de commencer à équiper l’ensemble du village. Mais un apport si important de population n’allait pas sans poser des problèmes d’équipements sociaux, culturels, sportifs, scolaires….

Tracé TGV et Zone d’Aménagement Economique. Histoire d’une déroute.

Revenons à cette fameuse zone artisanale. Créée en 1985 elle nécessitait pour pouvoir se développer d’importants investissements notamment en matière de réseaux et voirie. Ce sera sous le mandat de Jean Rieusset que cette zone deviendra Zone d’aménagement économique. La municipalité de Jean Rieusset confie alors cette zone toujours inexistante, en Maîtrise d’ouvrage à la Société d’Aménagement de l’Hérault (SADH), une société d’économie mixte qui dépendait du conseil général. Finalement l’idée n’était pas mauvaise. La SADH, se chargeait des études, du suivi des travaux et de la commercialistion des lots et la commune voyait s’implanter des entreprises, pouvant éventuellment créer de l’emploi et rapporter quelques subsides au travers de la taxe profesionnelle.
Mais un détail a alors été volontairement passé sous silence : le tracé du futur TGV Méditerranée traversait de part en part la zone économique projetée. Malgré ce, le Préfet avait signé la déclaration d’utilité publique de la zone économique.
Une association se créait alors : Valergues Intérêts Environnements (VIE) afin de protester sur la mise en place du tracé TGV sans concertation et surtout à proximité des habitations. VIE dénonçait cette incongruité qui consistait à faire passer une ligne TGV sur une zone économique projetée par une commune. Mais malgré de nombreuses pétitions et manifestations les opposants au projet de tracé TGV n’ont pas été entendus. Beaucoup disaient alors « c’est la bataille du pot de terre contre le pot de fer ».

De nombreuses questions se sont posées autour de cette affaire

Les choses étaient donc enclenchées, la SADH avait déjà engagé des études et la commune commençait à régler les factures de celles-ci. Les travaux pourraient bientôt commencer…
La SADH empruntait alors pour le programme de la ZAC des Jasses, 3 millions de francs au Crédit Agricole et demandait à la commune de se porter caution à 80%. La municipalité accepta alors sans broncher. La DUP signée du Préfet suffisait apparemment à rassurer tout le monde. Et patatras, la SADH en situation financière difficile, même si elle venit d’être renflouée par le conseil général, faisait jouer la caution de la commune, assurant qu’elle ne pouvait assurer le remboursement du prêt de 3 millions de francs au Crédit Agricole. Du coup le projet de Zone était gelé pour cause de tracé TGV, évidemment et aussi par du fait du retrait du Maître d’Ouvre

De nombreuses questions se sont posées autour de cette affaire. Comment un Préfet peut-il signer une DUP en sachant que la ZAE est traversée par un projet de tracé TGV ? Comment une municipalité pouvait cautionner un prêt pour un aménagement qui ne pourrait être fait ? Pourquoi la Municipalité ne s’est pas engagée avec sa population à dénoncer le tracé et à demander qu’une autre variante soit étudiée afin qu’il épargne la ZAE et que celle-ci puisse voir le jour ? Pour quoi la SADH s’est engagée sur des études coûteuses et a emprunté 3 millions de francs alors qu’elle savait elle aussi que le tracé TGV était prévu sur cette zone ? Toutes ces questions nous les avons posées publiquement. Nous n’avons jamais eu un début d’explication. La municipalité de Jean Rieusset à laquelle participaient Jean-Louis Bouscarain et Lucien Rioust (les actuels Maire et premier adjoint) ne s’est jamais expliquée. On peut néanmoins reconnaître à Jean-Louis Bouscarain, qui était élu dans l’opposition d’avoir tenté de dépatouiller ce dossier après avoir cautionné au départ l’opération plutôt trouble avec la SADH. Malgré quelques votes et demandes d’explications il faut bien avouer que les opposants à Jean Rieusset ne pûrent pas faire grand-chose, hésitant à chaque fois à rejoindre le camps des valerguois qui demandaient en vain des explications. L’affaire de la ZAE des jasses devait endetter sérieusemnt la commune sans compter le manque à gagner énorme par la non commercialisation de celle-ci. Afin de rembourser, le prêt au crédit agricole, la commune vendait un terrain à la SNCF pour 1,5 millions de francs.

Aujourd’hui, le Maire de Valergues vante son action avec la Communauté de Communes à propos du démarrage de la zone.
Deux remarques à ce propos :

Si la Communauté de Communes a pu démarrer la zone, pourquoi pendant des années on nous a fait croire qu’il n’était plus possible de créer une zone économique de la part de la commune?

La commune de Valergues a vendu les terrains à la communauté de communes pour essayer d'en finir avec ce passif. La commune est encore marquée par cette histoire récente. L’avenir peut se construire autrement, notamment par la citoyenneté et la transparence dans les affaires communales.

Eloi Martinez

photo ci-dessus: lors d'une manifestation contre le tracé TGV dans les années 90. Aucun élu présent à l'époque.

A suivre…

23 janvier 2008

ONTEX mise sur la finance au détriment de l'emploi

d5233828c42d6164c2dac2f9113b2e6f.jpgL’usine de couches ONTEX située à Lunel Viel veut fermer ses portes en laissant sur le carreau 136 salariés... Toujours les profits financiers au détriment du genre humain.

Il y a là quelque chose de particulièrement "HONTEUX" de la part d'ONTEX un groupe étranger qui a fait de fabuleux profits ici et qui décide pour en faire encore plus de se délocaliser.

La position que semblent prendre les élus du Lunellois, tout au moins au niveau de la communauté de commune est particulièrement défaitiste et semble accompagner cette délocalisation. En effet, ne dit-on pas qu'il s'agit dès maintenant de prévoir la reconversion du site industriel et de prévoir la reconversion des salariés.

Et si les salariés décidaient de résister, et si les élus du lunellois au lieu d'accompagner une liquidation demandaient des comptes à ONTEX? Mais peut-être est-ce trop demander. Il y a là quelque chose de choquant de la part de la communauté de communes qui par ailleurs semble faire du développement économique son cheval de bataille et dit vouloir affirmer sa spécificité face à l'agglo montpelliéraine...

Ce n'est pas par des attitudes défensives que l'on défend son territoire. Pour ma part, candidat aux municipales à Valergues, j'apporte mon entier soutien aux salariés d'ONTEX et demande que l'ensemble des élus du pays de Lunel fassent part de leur indignation face à ce coup de force de la finance contre l'emploi dans notre région.